Anne Marion de CAYEUX

Avocat au Barreau de Paris Spécialiste en Droit de la famille
des personnes et de leur patrimoine
Médiateur
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[BOOK] A LIRE : La séparation est vécue par les enfants aussi...

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Publié le : 09/11/2017

Les enfants sont trop souvent pris à partie dans les conflits

Quand bien même ses parents tentent de le préserver, l’enfant vit un drame propre. Le socle sur lequel il se construit se fracture. Ses repères se brouillent. Encore en construction, l’enfant est une « éponge ». Il ressent parfaitement les tensions, même silencieuses, et en retire un sentiment de culpabilité et d’impuissance mécaniques.

Être l’objet d’un procès entre ses parents entraîne angoisse et parfois perte d’identité. L’enfant ne peut plus en toute insouciance s’identifier à ses deux parents et est prié de « choisir son camp ». Il tient un discours souvent opposé à son père et à sa mère (et il croit aux deux !).  Un enfant qui sait que ses parents se parlent, décident ensemble et veillent tous les deux sur lui, même séparés, pourra grandir en sécurité.

Décider en écoutant l’enfant

Les parents eux-mêmes sont assez perdus et, tout en étant de bonne volonté, parviennent difficilement à dissocier le conflit de couple des responsabilités parentales.
Dénigrement, éloignement sans concertation, obstruction, sont fréquents. De grands progrès
restent à faire pour que cesse cette réalité que 50% des enfants de parents divorcés ne voient
plus leurs pères.
Il faut rappeler que l’enfant a le droit d’être associé aux décisions le concernant et qu’il a le droit d’être entendu – ces droits sont protégés par la Convention Internationale des droits de l’enfant (article 12 de la Convention des Nations Unies du 20 novembre 1989).
Il doit l’être par ses parents, éventuellement via un psychologue ou un médiateur,  pour qu’ils tiennent compte de ses sentiments.

La responsabilité reste parentale

Son audition devant le juge saisi de la séparation de ses parents est de droit lorsque l’enfant le demande. Il pourra exprimer ses sentiments au magistrat et raconter ce qui est difficile pour lui. La démarche est lourde pour lui d’avoir à écrire au juge pour demander à être entendu, de devoir se rendre au tribunal accompagné d’un avocat spécialisé dans l’accompagnement des mineurs, et de comprendre que ses propos seront consignés, lus par les parents, et souvent critiqués par les avocats.
L’enfant ne décide pour autant pas de son avenir : le juge ne sera pas tenu de suivre ses souhaits. L’enfant n’est pas toujours en âge ou en capacité d’avoir une vision qui aille dans son intérêt. Pris dans le conflit, il peut vouloir couper le lien avec un parent pour protéger l’autre… sans se rendre compte que cette coupure mettrait à mal à terme sa construction psychique.
Les décisions le concernant, telles que son lieu de résidence, sa scolarité, sa religion… appartiennent à ses parents.
Le juge éventuellement saisi renverra souvent les parents en médiation, estimant que ce n’est pas à lui de décider de l’école où l’enfant doit aller ! Autant privilégier la discussion en amont...

La semaine prochaine :  Etre accompagné du bon avocat
Pour en savoir plus : http://www.decayeux-avocat.com/books.htm 

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