Anne Marion de CAYEUX

Avocat au Barreau de Paris Spécialiste en Droit de la famille
des personnes et de leur patrimoine
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Enfants victimes de la violence au sein du couple : un mari violent n'est pas un bon père ...

Enfants victimes de la violence au sein du couple : un mari violent n'est pas un bon père ...

Publié le : 14/03/2017 14 mars Mars 2017
ENFANTS VICTIMES DE LA VIOLENCE AU SEIN DU COUPLE : UN MARI VIOLENT N’EST PAS UN BON PERE selon le 5ème plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes du Ministère des Familles, de l’Enfance, et des Droits des Femmes.

En introduction et pour présenter le 5ème plan, le rapport expose :

« Chaque année, 223 000 femmes sont victimes de violences conjugales et seulement 14% portent plainte*. En 2015, 122 femmes sont décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon**. Chaque année, 84 000 femmes sont victimes de viol. En 2014, 1075 personnes ont été condamnées pour viol. (…)

Les enfants témoins de violences sont des victimes. Assister aux violences commises par son père sur sa mère a des conséquences sur les enfants : en tant que témoins, ils deviennent des victimes. Un mari violent n’est pas un bon père. C’est pourquoi la prise en charge des femmes victimes de violences et des enfants doit être mieux articulée (formation des professionnel(le)s dans 50 départements). »

C’est la première fois que je lis l’affirmation selon laquelle un mari violent n’est pas un bon père.

J’ai lu et entendu si souvent le contraire, à mon corps défendant, de la part de Juge aux Affaires Familiales ou d’experts psychiatres. Qu’il faut dissocier le couple et la parentalité. Qu’un mauvais mari peut être un bon père. Que l’intérêt supérieur de l’enfant est plus de maintenir un lien avec chacun des parents, l’un eût-il frappé l’autre, que d’en être éloigné.

Les victimes elles-mêmes, par peur de s’opposer à la puissance de l’autre, parviennent à se convaincre que même si l’autre conjoint les a violentées, pour autant il s’occupe bien des enfants.

Mais les autorités rappellent là une vérité : un parent qui violente l’autre sous les yeux de ses enfants ou en leur présence, les met en danger et leur causent directement des blessures et souffrances psychiques graves.

Pour se convaincre de cette vérité, il faut poursuivre.

A la Section « D. Protéger dans la durée les mères et les enfants victimes de violences au sein du couple », le rapport énonce :

« Assister à des scènes de violences commises dans la plupart des situations par son père à l’encontre de sa mère entraîne des effets sur la santé des enfants : énurésie, encoprésie, anxiété, syndrome de stress post-traumatique. Des conséquences sur leur développement ont également été observées, en particulier la perte d’estime de soi et une construction identitaire fondée sur des convictions stéréotypées concernant les femmes et les hommes. Enfin, l’isolement auquel le secret familial oblige et l’absence d’apprentissage des modalités relationnelles autres que la violence surexposent l’enfant à l’effet désocialisant de la violence, augmentant le risque de reproduction des comportements violents.

Or, 143 000 enfants vivent dans un foyer dont la mère a déclaré être victime de violences de la part de son conjoint ou ex-conjoint. 42 % de ces enfants ont moins de 6 ans. Les conséquences sont parfois même fatales. En 2015, 36 enfants mineurs ont été tués par leur père dans le cadre de violences au sein du couple : 11 en même temps que leur mère et 25 sans que l’autre parent n’ait été tué. 68 étaient présents sur la scène de l’homicide ou au domicile et 96 enfants sont devenus orphelins suite aux homicides au sein du couple (***). »  

A suivre pour quelques mesures prises...


* Enquête CVS 2010-2015 INSEE ONDRP  
** Etude concernant les morts violences au sein du couple, 2015
*** Source: Lettre n°8 de l’Observatoire national des violences faites aux femmes de novembre 2015 (s’appuyant sur des données de l’Enquête «Cadre de vie et sécurité» -INSEE -ONDRP –2010-2015 et de l’étude nationale des morts violentes au sein du couple en 2014 de la Délégation aux victimes du ministère de l’intérieur)

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