Anne Marion de CAYEUX

Avocat au Barreau de Paris Spécialiste en Droit de la famille
des personnes et de leur patrimoine
Médiateur
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Les modes amiables vus par les élèves avocats de Paris

Les modes amiables vus par les élèves avocats de Paris

Publié le : 13/05/2017
Le 10 mai 2017, avec Madame Catherine EMMANUEL, médiatrice familiale DE, et Maître Carine DENOIT-BENTEUX pour la préparation, j’ai eu la joie de transmettre autant que possible mon engagement et mes connaissances sur les processus de résolution amiables des différends, aux élèves avocats de PARIS (EFB) ayant choisi l’option famille.

Nous avions 7 heures, qui complétaient une première session du tronc commun de deux jours sur ces mêmes modes amiables.

Au programme :

•    Pourquoi la voie amiable en matière familiale ?

•    Les différents processus, leurs spécificités, leurs différences : conciliation, médiation, procédure participative, processus collaboratif.

•    Les textes légaux relatifs aux accords et aux processus amiables.

•    Les modèles d’actes à proposer aux clients et à signer lors de ces processus (lettre dite « d’usage » à envoyer à l’autre partie pour l’inviter à choisir un avocat pour entamer des discussions, conventions d’engagement, accords de confidentialité, requêtes pour voir homologuer l’accord ou trancher les différends persistants…).

•    Une initiation aux outils de communication : communication non-violente, écoute active, négociation raisonnée, reformulation : explications, exemples, principes à connaître, pièges à éviter, techniques à privilégier.

•    Cas pratique et jeu de rôle (3 heures).

7 heures, c’était court...

Les élèves ont eu l’air étonnés, passionnés par ce mode d’exercice, et impressionnés lorsqu’il s’est agi de mettre en oeuvre les techniques pour la mise en situation.

Reformulez, reformulez, reformulez… Ça a l’air fastidieux comme ça, mais c’est tellement efficace et bon pour les parties… Une technique en apparence simple, sauf que… l’on est tellement programmés pour porter des jugements et agir, que cela demande de pétrir un peu sa propre matière humaine pour y parvenir.

A la fin de la journée, Catherine Emmanuel leur a demandé de dire chacun le mot qu’ils auront retenu. Et là, nous avons été gratifiées. Le message était passé. La liste est belle. Les commentaires des élèves sur chaque mot témoignent qu’ils ont tout compris.

PSYCHOLOGIE :

On a vraiment fait entrer la psychologie dans le cabinet d’avocat.
Je réponds : C’est vrai, la voie amiable fait entrer la psychologie dans l’émergence des accords, en complément du droit. C’est si utile et dans l’esprit du temps que l’Université PARIS SUD a créé en 2013 la Société Française de Psychologie Juridique qui entend être le véhicule d’un vaste mouvement de réflexion sur les liens unissant le droit et la psychologie, et plus largement, sur ceux unissant le droit et le psychisme. La SFPJ a organisé un colloque sur la médiation le 3 mars 2017.

ACCOMPAGNEMENT :

L’avocat n’est plus seulement défenseur, plaideur et expert en droit, il accompagne son client tout au long du processus pour l’aider à sortir de la crise.

ECOUTE :

L’avocat doit se taire et faire place à la parole de son client. Il reformule pour que son client se sente entendu, compris. Le conseil prend sa place différemment.

DIFFICULTE / SUBTILITE :

Il en faut peu pour que la réunion dérape, que les émotions bloquent, que les parties se confrontent à nouveau sur un mode binaire. Les techniques de communication doivent être acquises après de longues heures de formation, de pratique, et utilisées avec subtilité.

UTILITE :

Les outils transmis sont des techniques utiles aux praticiens pour bien exercer son métier. Les élèves ont « testé et approuvé ».

CONFIANCE :

La voie amiable permet d’instaurer une confiance envers son avocat et de restaurer la confiance entre les parties.

HUMAIN :

Les processus amiables sont humanistes et placent l’humain au premier plan. Notamment par l’observation de la communication non-verbale, la posture corporelle que peuvent prendre les avocats accompagnants et le médiateur pour interagir positivement avec les parties.

REFORMULER :

La reformulation est essentielle pour dédramatiser et objectiver la situation. Cela permet à chacun d’entendre ce que l’autre dit. Lorsque l’on se sent entendu, grâce à la reformulation, la tension diminue.

EMPATHIE :

Les techniques permettent de manifester de l’empathie tout en conservant une certaine distance. C’est agréable, utile et confortable.

ATTENTIF :

Dans les processus amiables, les avocats et le médiateur sont attentifs à leur client, et aussi à l’autre partie. L’attention est fine et profonde.

TREVE :

Ces processus permettent une pause dans le conflit pour rechercher les solutions. C’est un temps où on baisse les armes.

COMMUNICATION :

Ces processus reposent sur la façon de communiquer à laquelle il faut être formé et attentif. Cela aide les parties à retrouver une communication minimale.

APAISEMENT :

Chaque partie est apaisée, en soi-même. C’est bénéfique pour elle et pour les enfants.

DIALOGUE :

Les processus amiables sont un lieu où le dialogue est favorisé, à la différence des salles d’audience où l’on s’affronte et où il n’y a pas d’échange.

COMMUNICATION NON VERBALE :

On découvre le langage du corps, qui est essentiel puisque le non-verbal est notre mode de communication et de perception à 97 %. On peut en jouer, s’adapter, et mieux comprendre le client.

(NB : la communication non verbale est la plus forte. Gestuelle et regard : 55%. Intonation de voix : 38%. Mots employés : 7%).

NEGOCIATION POSITIVE :

On peut négocier de façon constructive et dans le respect des personnes, et sortir des discussions de marchand de tapis ou des positions.

CONFIDENTIEL :

La confidentialité est la clé de voûte de ces processus parce que l’on peut dire plein de choses, on n’a plus peur que ce soit utilisé ou divulgué.

Oui, le secret libère la parole.

PATIENCE :

L’avocat doit être patient, et être disponible pour permettre aux choses de se dire, à l’apaisement d’intervenir, et aux solutions d’émerger.

Oui, il faut créer un espace en soi pour pouvoir accueillir la parole et l’émotion des autres. Si on est stressé, préoccupé, et qu’on ne peut faire silence dans son esprit, les parties ne seront pas entendues.

A suivre maintenant pour eux, tout reste à faire.

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